Corée du Sud: la présidente déchue Park Geun-hye devant les juges

En Corée du Sud, Park Geun-hye fait pour la première fois face à ses juges ce mardi 23 mai au matin. La présidente destituée doit répondre de 18 chefs d’accusation : corruption, abus de pouvoir, fuite de secrets d’Etat et établissement d’une liste noire de 10 000 artistes jugés trop critiques envers son gouvernement. Cet énorme scandale avait provoqué de gigantesques manifestations pacifiques et sa destitution le 10 mars 2017.

Park Geun-hye est arrivée au tribunal menottée, le visage fermé, son badge de détenue sur la poitrine. Une poignée de ses partisans l’attendaient, en agitant le drapeau national. En s’asseyant sur le banc des accusés, la présidente destituée n’a pas eu un regard pour l’autre prévenue assise à sa gauche : Choi Soon-sil, sa conseillère occulte, celle par qui le scandale est arrivé.

Park Geun-hye est la troisième chef d’Etat de Corée du Sud à faire face à ses juges. Les deux premiers étaient deux généraux, Chun Doo-hwan et Roh Tae-woo, jugés pour leur rôle dans le coup d’Etat de 1979.

Ce procès très attendu de Park, c’est aussi celui des conglomérats familiaux, les chaebols : l’ex-présidente et sa confidente sont accusées d’avoir soutiré 47 millions d’euros de « donations » à de grandes entreprises. Des accusations que Park Geun-hye a nié en bloc lors de cette première audience.

Dans le cadre de cette affaire, le vice-président et héritier de Samsung, le géant de l’électronique, a été placé en détention provisoire. Le scandale a montré que les Sud-Coréens acceptaient de moins en moins les liens traditionnels de collusion entre le gouvernement et les chaebols. L’ex-présidente risque des peines allant de dix ans de prison à la perpétuité.

Source: RFI

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