Congrès mondial sur le sida: des militants accusent la France de «désengagement»

Plus de 6000 scientifiques du monde entier ont assisté ce dimanche 23 juillet à la séance plénière d’ouverture du congrès mondial sur le sida à Paris. La ministre française de la Santé Agnès Buzyn, qui y représentait Emmanuel Macron, a été chahutée.

« Macron, complice du sida ! » Devant une assemblée de plusieurs centaines de scientifiques venus du monde entier, une dizaine de militants tournent le dos à Agnès Buzyn, la ministre française de la Santé. A l’heure où la lutte contre l’épidémie de sida réalise de réels progrès, au moment où, de l’aveu de la communauté scientifique, il faudrait amplifier l’effort, les dotations publiques au fonds global contre le VIH ont diminué l’an dernier.

Pour ces militants, les coupes budgétaires annoncées dans la recherche française et l’absence d’Emmanuel Macron à l’ouverture de ce congrès ne passent pas. Les associations Coalition Plus, Act-Up Paris et Aides dénoncent même un « désengagement de la France ». Et c’est à Agnès Buzyn de leur faire face. « Je pense que la lutte contre le sida n’aurait pas été la même sans les militants, donc merci à eux », leur répond-elle, en les faisant applaudir.

Agnès Buzyn s’en sort bien. Et ce sera tout. Elle ne fera aucune annonce financière. A l’ouverture du congrès, avant d’aborder la science, le sujet est pourtant dans toutes les têtes. Les organisateurs ont ainsi appelé les Etats-Unis, premier contributeur dans la lutte contre l’épidémie, à « rester engagés » financièrement, alors que le président Donald Trump a menacé de coupes budgétaires. Dans le cas contraire, cela se traduirait par des morts et des contaminations supplémentaires, a averti lors d’une conférence de presse Linda Gail-Bekker, chercheuse au Desmond Tutu HIV Centre, en Afrique du Sud, et présidente de la Société internationale du sida.

Toute réduction budgétaire pourrait compromettre tous les efforts réalisés, a également prévenu le patron de l’Onusida, Michel Sidibé. « Nous sommes en train de briser la colonne vertébrale de l’épidémie. C’est un moment que nous ne pouvons pas laisser passer », a-t-il insisté.

A défaut d’être présent à l’ouverture du congrès, Emmanuel Macron a ajouté à son agenda une rencontre avec des responsables d’associations de lutte contre le sida ce lundi.

Source: RFI

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