Conditions de travail des migrants: la Grèce condamnée par la CEDH

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné la Grèce dans l’affaire dite des « fraises ensanglantées de Manolada ». Elle devra verser entre 12 000 et 16 000 euros chacun à 42 cueilleurs de fraises bangladais. En 2013, ils s’étaient fait tirer dessus par leurs employeurs alors qu’ils protestaient pour récupérer 7 mois d’arriérés de salaire. L’incident avait fait 8 blessés graves et l’affaire avait mis en lumière leur situation difficile.

En 2013, peu après l’attaque contre les Bangladais de Manolada, une chercheuse d’Amnesty International Kondyla Gogou avait parlé de « conditions de travail terribles », « inacceptables au XXIe siècle en Europe ».

Une façon de décrire le sort de plusieurs milliers de travailleurs agricoles étrangers qui vivaient dans des cabanons faits de bâches en plastique et sans eau courante. Pour la Cour européenne des droits de l’homme, la Grèce aurait dû protéger les victimes, enquêter efficacement sur les infractions commises et sanctionner les responsables. En somme, elle aurait manqué à ses obligations de prévenir une situation de traite des êtres humains.

Le garde armé qui a tiré sur les Bangladais, le contremaître et les deux employeurs ont certes été poursuivis par la justice, mais ils ont été acquittés de l’inculpation de traite des êtres humains. Seuls le garde et un des employeurs ont été condamnés à des peines de prison, converties ensuite en sanctions pécuniaires.

Un rapport de l’agence européenne des droits de l’homme datant de 2015 continue de parler d’exploitation des travailleurs migrants en Grèce. Un phénomène non lié à la crise selon lui.

Source: RFI

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