CIV : Assi Jean Kouatchi, un prisonnier politique décédé chaînes aux pieds !

La vie des détenues dans les prisons de Côte d’Ivoire est incroyablement difficile et encore plus pour ceux accusés de vouloir renverser le régime du président Alassane Ouattara. Le nombre de personnes qui décèdent sans procès et faute de soins médicaux fait de la Côte d’Ivoire un pays de non-droit. Assi Jean Kouatchi en est la dernière illustration.

Assi Jean Kouatchi, le symbole de la cruauté du régime Ouattara

Le cas du MDL Assi Jean Kouatchi, un gendarme, crée la consternation en ce moment. Sur dénonciation de son voisinage pour détention d’armes à son domicile, il a été arrêté et incarcéré. Cette décision est prise alors qu’aucune arme n’est retrouvée chez lui. Maltraité en prison, il tombe gravement malade. Loin de se préoccuper de son état de santé, les autorités maintiendront cette pauvre victime dans les mêmes conditions de détention, puisqu’il sera enchainé sur son lit d’hôpital, où il a été admis face à l’extrême urgence qu’exigeait son état. C’est avec ces chaînes au pied, comme un chien, qu’il décèdera samedi dernier.

En Côte d’Ivoire, sous le régime Ouattara, c’est très souvent que les libertés individuelles sont gravement piétinées dans l’indifférence la plus totale du président lui-même. La vie d’un citoyen peut basculer d’un instant à un autre dans ce pays au nom de la protection du régime. L’extrême fébrilité des autorités avait fait de Mme Antoinette Rouissa Meho, le symbole d’accusations farfelues dont se servent les services du ministère de l’Intérieur pour incarcérer injustement de pauvres citoyens.

Accusée de cacher des armes et même des insurgés dans le cadre de la préparation d’une tentative de coup d’État, cette mère de famille, ménagère, vendeuse d’escargots et autres vivriers, sera jetée en prison d’où elle a dernièrement été libérée après une forte mobilisation de ses partisans en Côte d’Ivoire et en France. Le ministère ivoirien de la Justice disait dans un communiqué qu’elle « était recherchée depuis plusieurs mois, dans le cadre d’une procédure judiciaire, pour atteinte à la sûreté de l’État », juste ça…!

Le pouvoir Ouattara, un régime liberticide ?
Les organisons des droits de l’homme sont malheureusement inactives en Côte d’Ivoire et cela intrigue plus d’un. Alors que de nombreuses familles vivent de véritables drames avec des emprisonnements injustifiés de certains de leurs membres, ces ONG restent particulièrement silencieuses. Comme si elles étaient en complicité avec le régime. Plusieurs pères de famille sont en prison sans raison sérieuse. Ils sont poursuivis par la justice ivoirienne depuis plusieurs années pour des faites parfois complètement imaginaires.

Et quand bien même ces personnes seraient coupables des accusations portées contre elles, elles méritent néanmoins un traitement autre que celui inhumain a elle infligé en ce moment à la MACA et ailleurs dans les prisons du pays. Même la nouvelle constitution ivoirienne reconnait le caractère sacré de la vie humaine. Le peu d’importance qu’accorde le gouvernement à celui de ces nombreux Ivoiriens bafoue clairement la dignité de ces personnes, prisonnières certes, mais avant tout, des êtres humains.

La libération des prisonniers, la condition d’une vraie réconciliation
La Côte d’Ivoire aspire à une véritable réconciliation pour un vivre ensemble plus harmonieux. Cependant, la détention de Simone Gbagbo, Hubert Oualaye, Assoa Adou, Koua Justin et bien d’autres pro-Gbagbo est un véritable obstacle. L’atteinte à la sûreté de l’État est le prétexte tout indiqué pour justifier leur détention prolongée. Et pourtant, les preuves matérialisant les faits à eux reprochés ne résistent généralement pas à un véritable argument juridique. Ces personnalités de l’ancien régime sont pour la plupart détenues sans procès. Et même lorsqu’une audience est ouverte, les dépositions des témoins sont aussi contradictoires les unes que les autres. N’empêche que les juges prononcent de lourdes peines comme lors du procès du Général Brunot Dogbo Blé.

À rebours, des personnalités proches du régime Ouattara épinglée pour les mêmes infractions jouissent d’une totale liberté. L’on ne sait plus à quel niveau de la procédure se situe le dossier du sanguinaire burkinabè Amadé Ouérémi. De même, l’affaire des 60 millions de FCFA des Forces spéciales pour laquelle l’ex-com’zone Morou Ouattara est quasiment étouffée. Par ailleurs, la récente découverte d’armes de guerre chez Kamagaté Souleymane pourrait être classée sans suite, selon certains observateurs. En outre, aucun des chefs de guerre épinglés par des rapports d’ONG pour des crimes de sang n’est inquiété. Cette dichotomie dans le traitement des dossiers achève de convaincre de l’existence d’une justice des vainqueurs en Côte d’Ivoire.

Toutefois, Guillaume Soro est récemment monté au créneau pour demander la libération des prisonniers qui croupissent dans les geôles ivoiriennes. Car pour le président de l’Assemblée nationale : « Il n’y a aucun intérêt à garder des gens en prison ». Puis, il ajoute : « C’est ensemble que nous devons construire la Côte d’Ivoire. » Les Ivoiriens qui aspirent à la paix espèrent donc que cet appel sera entendu par le président Alassane Ouattara.

Source: Afrique sur 7

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