Chine: début d’un procès historique pour le mouvement #MeToo contre un journaliste vedette

À Pékin, le procès qui s’est ouvert mercredi pourrait marquer l’histoire du mouvement #MeToo en Chine. Une ex-stagiaire de la télévision centrale d’État accuse un journaliste vedette de la chaîne de l’avoir harcelé sexuellement. Ce dernier nie les faits et affirme que la jeune femme cherche à nuire à sa réputation.

« À tous merci beaucoup, c’est grâce à vous si nous sommes allés aussi loin. » Les traits tirés, un bouquet de fleurs dans les mains, il est plus de minuit ce jeudi quand Zhou Xiaoxuan remercie ses soutiens. Plusieurs dizaines d’entre eux ont passé la journée dans le froid, mais la motivation reste intacte.

Des encouragements après dix heures d’audience pour ce premier jour de procès et la première fois qu’une affaire de harcèlement sexuel visant une puissante figure de l’intelligentsia arrive au tribunal à Pékin.

« Il a fallu faire un long chemin pour porter cette affaire devant les tribunaux. Cela signifie que le mouvement #MeToo a gagné de nombreux soutiens dans l’opinion chinoise. Le département de la justice et l’ensemble des autorités ne pouvaient que réagir face à la pression », explique Gaga qui travaille pour un cabinet d’avocat indépendant.

Une définition élargie du harcèlement

Zhou Xiaoxuan accuse Zhu Jun, star de la télévision centrale CCTV de l’avoir tripoté et voulu l’embrassé de force alors qu’elle était stagiaire de la chaîne il y a 6 ans. À l’époque, la police, dit-elle, aurait tenté de la dissuader de poursuivre. Depuis, la libération de la parole et la multiplication des plaintes ont permis d’élargir la définition de harcèlement.

« La libération de la parole et la multiplication des plaintes ont fait entrer le harcèlement sexuel dans la jurisprudence. Même si encore aujourd’hui, le nombre d’affaires portées devant les tribunaux reste rare », rapporte Taifeng militante et féministe à Canton et créatrice de la hotline 074, une ONG qui aide les victimes de harcèlement à se défendre.

Le procès a été ajourné. L’affaire Zhou contre Zhu devrait reprendre dans quelques jours, la plaignante ayant demandé à ce que celui qu’elle met en cause soit présent à l’audience pour la reprise.

Source: RFI

Pin It on Pinterest