Cambodge: le Premier ministre distribue des billets aux ouvrières enceintes

En visite dans une usine, le Premier ministre cambodgien a distribué des enveloppes aux femmes ouvrières enceintes.

L’homme fort du Cambodge, Hun Sen, n’a pas hésité à distribuer mercredi des billets de banque à des centaines d’ouvrières enceintes, promettant en pagaille retraite, accès aux soins et transports gratuits aux travailleurs du secteur textile, acquis à l’opposition.

Gagner l’électorat ouvrier

« Les salaires seront augmentés chaque année ! », a promis le Premier ministre cambodgien, au pouvoir depuis plus de 32 ans, dans un discours devant plus de 10.000 ouvriers réunis dans une usine textile de la banlieue de Phnom Penh.

En plus de distribuer des enveloppes (contenant un montant non spécifié) aux femmes enceintes, il a promis à tous les participants à ce rassemblement qu’ils recevraient chacun 20.000 riels (un peu plus de quatre euros), une pratique commune au cours de ses déplacements.

Le salaire minimum dans l’industrie textile, un secteur clef de l’économie cambodgienne qui emploie plus de 740.000 personnes, est de 153 dollars (moins de 130 euros par mois). « Il passera à au moins 160 dollars » (133 euros) dès 2018″, a assuré Hun Sen, commençant à faire campagne pour les législatives.

Aux précédentes élections, en 2013, les ouvriers du textile avaient soutenu en masse l’opposition et ils étaient nombreux dans les manifestations dénonçant les fraudes électorales.

Hun Sen prend cette fois les devants et a multiplié mercredi les effets d’annonce pour les séduire: assurances santé obligatoires pour leurs employeurs, examens médicaux de routine gratuits dans les hôpitaux publics à partir de janvier 2018, mise en place d’un système de retraite à partir de 2019 ou encore gratuité des transports dans les bus publics pendant deux ans.

Un an avant les législatives

Cette entrée en campagne avant l’heure s’ajoute à une répression contre l’opposition, renforcée ces derniers mois, avec des peines de prison prononcées contre des opposants.

Un homme politique de l’opposition a encore été condamné la semaine dernière à cinq ans de prison pour avoir critiqué sur Facebook un récent bras de fer militaire entre M. Hun Sen et le Laos voisin.

Les législatives de juillet 2018 sont un test majeur pour ce dirigeant âgé de 65 ans qui ne cesse de durcir le ton contre l’opposition et les défenseurs des droits de l’Homme.

L’opposition a réalisé une percée remarquée aux élections municipales de juin au Cambodge, un signe inquiétant pour celui qui est au pouvoir depuis la chute des Khmers rouges.

Source: BFMTV

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