Burn-out : des recommandations pour guider les médecins

Le syndrome d’épuisement professionnel reste mal connu, difficile à repérer, parfois diagnostiqué à tort ou confondu avec d’autres troubles psychiques.

Les victimes du burn-out regrettent que souvent leur souffrance soit mal comprise et insuffisamment prise en compte, quand elle n’est pas purement et simplement déniée. Leur situation pourrait s’améliorer avec la publication de recommandations, ce matin, par la Haute Autorité de santé. Son but est d’aider les médecins traitants et les médecins du travail à diagnostiquer ce redoutable syndrome d’épuisement professionnel, qu’elle décrit comme complexe, mal connu, difficile à repérer, parfois diagnostiqué à tort ou confondu avec d’autres troubles psychiques. Elle espère ainsi que les personnes concernées pourront bénéficier d’une prise en charge adaptée et d’un accompagnement permettant le retour au travail.
Dans sa « fiche mémo », la HAS admet que le burn-out est toujours sujet à débat et à controverse et qu’il peut avoir des conséquences graves sur la vie quotidienne. Elle précise qu’il s’agit d’« un véritable syndrome qui se traduit par un épuisement physique, émotionnel et mental profond, causé par un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes ». C’est donc un ensemble de symptômes, et non une maladie en tant que telle. Ses manifestations diffèrent donc d’un individu à l’autre, elles s’installent de manière progressive, voire insidieuse, et elles ressemblent parfois à celles d’autres troubles psychiques. « L’expansion du terme burn-out est une source de confusion en raison des limites imprécises de cette réalité », notait déjà l’Académie de médecine en février 2016 dans un rapport sur le sujet. Elle ajoutait qu’il « reste une entité mal définie au plan biologique ».
Évaluer en priorité le risque suicidaire

Ses principaux symptômes sont aussi bien d’ordre émotionnel (anxiété, tristesse, absence d’émotion…) que cognitif (troubles de la mémoire, de l’attention, de la concentration…), comportemental (isolement social, comportements agressifs ou addictifs…), motivationnel (désengagement, remise en cause professionnelle…) ou physique (troubles du sommeil, musculo-squelettiques, gastro-intestinaux…), précise le document. Après avoir identifié ces manifestations et écarté l’hypothèse d’une maladie physique, les médecins doivent juger de leur sévérité et évaluer en priorité le risque suicidaire.
Pour établir le bon diagnostic, il est demandé aux professionnels de santé de s’intéresser à la fois aux conditions de travail (intensité et organisation, autonomie et marge de manœuvre, conflits de valeurs, insécurité de l’emploi…) et à la personne ainsi qu’à son vécu (antécédents personnels et familiaux, événements survenus dans la vie privée…). La confrontation de ces différentes analyses permettra d’établir ou non le diagnostic de burn-out. Puis de proposer une prise en charge adaptée.
La dernière étape concerne le retour au travail, qu’il est nécessaire d’anticiper et de préparer. Elle devrait être précédée par une (ou plusieurs) visite(s) de pré-reprise avec le médecin du travail. Ce dernier pourra ainsi recommander des aménagements ou adaptations du poste de travail, voire des mesures visant à faciliter le reclassement du salarié ou sa réorientation professionnelle. Enfin, la HAS estime qu’un suivi régulier impliquant le médecin du travail, le médecin traitant et, le cas échéant, le psychiatre est indispensable pour aider le patient à reprendre pied dans la vie professionnelle. Et lui éviter de replonger.

Source: Le Point

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