«Blue Whale Challenge», le jeu qui peut pousser les adolescents au suicide

Morbide et terriblement dangereux, le « Blue Whale Challenge », « le jeu de la baleine bleue » peut pousser des adolescents à relever des défis pouvant aller jusqu’à se donner la mort. Venu de Russie, le phénomène se répand sur les réseaux sociaux et inquiète l’Education nationale et les autorités françaises.

Ce jeu cible de jeunes adultes mais aussi des adolescents fragiles, tous très connectés et en mal de sensations fortes. Son intitulé fait référence à une légende tenace sans fondement scientifique : les cétacés se suicideraient volontairement en s’échouant sur les plages. Pour concourir, rien de plus simple. Différents mots-clés comme #baleinebleue, #baleinedemer ou encore le mot-dièse #420 sur Twitter sont à leur disposition.

Les jeunes recherchent un « tuteur » sur les réseaux qui, après quelques discussions en ligne, s’assure de la détermination des candidats. Une fois harponné par ce sinistre « parrain », vous recevez une liste de 50 défis à réaliser. Les premiers semblent inoffensifs comme « écris un mot sur ta main » ou « dessine-moi une baleine ».

Les suivants sont plus inquiétants comme de « regarder des vidéos de suicides ». Puis, crescendo, le jeu criminel vous commande de « vous pencher au bord d’une fenêtre les jambes dans le vide » ou de s’infliger différentes mutilations. Jusqu’à l’ultime défi du numéro 50, dont l’issue sera fatale : « pends-toi » ou « jette-toi sous un train ».

Riposte

La source de cette spirale de la mort en ligne est difficile à remonter, alerte Justine Atlan, présidente de l’association e-Enfance. « On ne sait pas qui est derrière ce jeu, on pense que ce sont des organismes mafieux qui ont mis cela en place pour éventuellement utiliser les adolescents ensuite pour autre chose, explique-t-elle. Soit il s’agit vraiment d’un défi et les parrains se passent le relais comme les victimes et des parrains vont en former d’autres. Soit des adolescents malveillants vont utiliser le « Blue Whale Challenge » pour se nuire entre eux. La police commence à mener des enquêtes sans pouvoir remonter à la source ».

Phénomène viral

En Russie, ce véritable fléau serait responsable de 130 suicides en six mois. Depuis quelques semaines, ce phénomène viral se répand en France. Plusieurs cas de morts suspectes ont déjà été relevés par les associations.

La riposte s’organise sur la toile avec le mot-clef #PinkWhaleChallenge qui incite les participants à réaliser cinquante défis positifs comme de rendre service à quelqu’un. Les réseaux sociaux suppriment les pages des parrains.

La gendarmerie nationale publie sur son Facebook « Soyez vigilant ! Toute scarification doit vous alerter », avant de préciser que « l’incitation au suicide est punie par la loi de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende ».

Source: RFI

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