Algérie : l’Irak indignée par des chants pro-Saddam de supporters de l’USM Alger

Des incidents lors d’une rencontre sportive prennent des allures de conflit diplomatique entre l’Irak et l’Algérie. Dimanche, des supporters algériens ont scandé des slogans pro-Saddam lors d’une rencontre avec une équipe irakienne, déclenchant l’ire des autorités irakiennes.

L’ambassadeur d’Algérie en Irak a-t-il réellement été convoqué par le ministère irakien suite des Affaires ? Rien n’est encore clair pour le moment. L’agence officielle irakienne a annoncé que le ministère des Affaires étrangères avait convoqué, dimanche 9 septembre, l’ambassadeur d’Algérie à Bagdad afin de lui exprimer « l’indignation du gouvernement et du peuple irakiens » suite aux slogans proférés par une partie des supporters de l’USM Alger lors de la rencontre qui l’opposait le même jour au club irakien des « Forces aériennes », dans un match comptant pour le tour éliminatoire de la Coupe arabe des champions.

« L’ambassadeur n’a pas été convoqué à l’heure où je vous parle. Nous avons appris la nouvelle sur les sites d’informations », a affirmé à Jeune Afrique le chargé d’affaires de l’ambassade d’Algérie en Irak. Le porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères n’était, au moment où nous publions ces lignes, pas joignable pour commenter l’information.

« Slogans racistes »
Les faits qui ont déclenché la polémique se sont déroulés sous l’objectif des caméras, en plein match de football au stade Omar Hamadi de Bologhine, au nord de la capitale algérienne. Dans les tribunes, des supporters de l’USM Alger ont scandé des chants à la gloire de Sadamm Hussein et contre les chiites. En réponse, des joueurs et des membres du club de la Flotte aérienne ont brandit le drapeau irakien, se ont quitté le terrain quinze minutes avant la fin du match.

Bagdad a immédiatement exprimé « l’indignation du gouvernement et du peuple irakiens », dans un communiqué signé du porte-parole du ministère irakien des Affaires étrangères, Ahmed Mahjoub. Ce dernier dénonce « une glorification de l’horrible visage du régime dictatorial meurtrier de Saddam Hussein », exécuté le 30 décembre 2006, trois ans après l’invasion américaine en 2003.

La Fédération irakienne de football a menacé de retirer ses équipes de la Coupe arabe des clubs, se disant « opposée à tout slogan raciste ou confessionnel ». « Si la Fédération arabe de football ne prend pas de décision pour rétablir le droit du foot irakien, ainsi que sa place et le respect qui lui est dû, la Fédération irakienne retirera ses clubs », a menacé Abdel Khaleq Massoud, président de la Fédération irakienne.

« Nous n’acceptons pas que le public insulte notre pays et nous insulte. Ce public a des idées arriérées et racistes (…). Pourquoi devrions-nous jouer devant un public raciste ? », a lancé de son côté Bassem Qassem, entraîneur du club des Forces aériennes, dans une vidéo diffusée par les instances irakiennes du foot.

L’ambassade d’Algérie pas informée
Les stades algériens sont réputés pour être des arènes de contestation sociale et politique qui peuvent parfois donner lieu des actes de violence. Régulièrement, des supporters profitent de ces rencontres de football pour dénoncer les responsables politiques et exprimer leur mal être.

Saddam Hussein n’a pas laissé que de mauvais souvenirs aux Algériens, même si bon nombre de ceux qui ont scandé son nom au stade ne connaissent rien de son parcours à la tête de l’État irakien. Celui qui a fait régner la terreur en Irak pendant des décennies a conquis le cœur des Algériens lors de la guerre du Golfe, en 1991, en se posant en héros arabe défiant les États-Unis et en tenant tête à l’armée américaine. Son exécution, en décembre 2006, le jour même de la célébration de la fête de l’Aïd, a fait de lui une sorte de martyr pour certains.

Source: Jeune Afrique

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