À Cordoba, les Argentins veulent sortir du marasme économique

Les Argentins sont appelés à voter pour le premier tour de l’élection présidentielle ce dimanche 27 octobre. Le vainqueur aura fort à faire pour remettre l’économie du pays sur pied, alors que la population subit de plein fouet la récession.

Une file d’attente serpente jusqu’au guichet de l’administration nationale de la sécurité sociale. Vanessa Pérez, accompagnée de son fils, espère obtenir un bond d’urgence alimentaire censé être distribué à quelques jours du scrutin. Pour s’en sortir, elle multiplie les boulots, mais ça ne suffit pas : « Je vis d’emprunts. J’aimerais trouver un travail stable pour pouvoir me payer un billet et partir d’ici », confie-t-elle.

Pourtant, Vanessa donnera sa voix au président sortant Mauricio Macri. Pour la même raison que Silvana Cufré, qui espère aussi obtenir l’un de ces bonds : « Je sais pour qui je vais voter dimanche, je n’ai même pas besoin d’y réfléchir, ce sera Macri à 100%. Malgré la crise, lui, il va faire avancer l’Argentine. Les Argentins, ils voudraient tout immédiatement, mais avec tout le mal qui a été fait, on ne peut pas tout réparer en quatre ans et je crois qu’il est sur le bon chemin. »

Finalement, personne ce jour-là n’aura le sésame. Le dispositif a été suspendu à Cordoba. Un groupe repart bredouille sous le regard de Gerardo Cordoba, un syndicaliste, dont le cœur penche pour le kirchnérisme et le candidat d’opposition Alberto Fernandez : « Tout tourne plus autour des banques que du travail, alors que ce devrait être l’iverse. Il faut investir davantage dans les PME et l’agriculture. »

Des Argentins endettés pour vivre

En contrebas de la coursive, les commerçants des halles écoulent viande, poisson, légumes. Dans son box, Gustavo Pupix essaie de s’accommoder de l’inflation qui dépasse les 50% sur un an. Il rogne sur ses marges pour ne pas trop décourager les ventes. Alors, sa requête est assez simple : « Il faut réactiver la consommation intérieure. Et ça relèvera le commerce, l’industrie, l’automobile. il faut maintenir les prix et réactualiser les salaires. »

De l’autre côté du comptoir, Lalo Acosta mise sur le duo Alberto Fernandez, Cristina Fernandez de Kirchner : « On verra si l’on peut changer le modèle d’exclusion et de spoliation du peuple argentin. Cela va être difficile parce qu’on a contracté une dette de plusieurs millions de dollars. »

Dans le réduit plein d’ustensiles de cuisine, Marco Ferreyra ne se plaint pas, mais espère des mesures efficaces pour relancer l’activité : « Il faut que les gens aient des crédits pour acheter à taux zéro. Les taux sont assassins de nos jours. Il y a toute une série de choses qui fait que chaque fois on consomme moins et ils disaient qu’avec ça, on n’aurait pas d’inflation ! »

Les PME se sentent abandonnés

En cette période d’incertitude préélectorale, des chefs d’entreprise renvoient les décisions à plus tard. Après la victoire d’Alberto Fernandez aux primaires, le peso a plongé de 20%. Mais Diego Jimenez, agent immobilier, ne craint pas le résultat du scrutin : « Je pense que peu importe qui gagne, cela va se stabiliser, car les règles du jeu vont se mettre en place. Si l’on garde le même président, l’ouverture du marché va se poursuivre. Si c’est l’autre candidat qui gagne, l’Argentine va se refermer. »

César Galfione, associé d’une petite entreprise industrielle n’est pas sûr d’y voir vraiment plus clair, surtout si le bon score d’Alberto Fernandez se confirme : « Il veut des salaires décents, un pays en croissance, qu’il n’y ait pas de chômage. Mais à aucun moment, il n’a présenté un plan pour dire comment il fera pour y parvenir. » César Galfione reproche par ailleurs aux différents dirigeants du pays de s’intéresser un peu trop à la macro-économie et pas assez aux PME.

Source: RFI

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